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Un mariage presque raté

Un mariage presque raté - Bonnie Macias

C’était la première fois que je recevais une invitation pour un mariage à Montréal. Je ne connaissais pas vraiment cette collègue. Elle avait tellement insisté, qu’il aurait été difficile pour moi, comme pour les autres, de dire non. D’autant plus, que la maman de cette jeune femme, était venue elle-même sur notre lieu de travail pour nous donner nos cartes d’invitation. Elle l’avait fait avec une telle grâce et un tel sourire, que cela aurait été criminel de le refuser. Tout ce qu’il y avait sur la carte, c’était le nom des futurs mariés, le nom des parents respectifs, et au bas de la page, une petite indication, animation par Jacky. On était tous prévenu. Une animation mariage avait été prévue, et il me tardait de savoir ce que ce Jacky était capable de proposer.

J’arrivais au niveau d’une église qui se trouvait dans le quartier Villeray de Montréal. Ma grande surprise, a été de voir autant d’enfants présents. Comme je me présentais avec deux autres de mes collègues, nous avons été placés avec les autres qui étaient arrivés avant nous. La cérémonie fut simple et sans encombre. Après avoir suivi le cortège, nous arrivions face à une salle des fêtes où le décor ressemblait plutôt à celui d’une fête d’adolescents. Il y avait des ballons gonflables de toutes les couleurs partout. La musique fut très vite lancée. Une musique des îles. Nous prenions place lorsqu’un cri strident déchira le beau tempo du rythme merengue qui jouait à ce moment-là. C’était un clown. C’était Jacky.

Il commença à faire le clown, je ne sais pas comment le dire autrement, en bousculant la plupart des gens. À l’entrée du bal, il criait tellement fort qu’il en crispa les deux mariés. Il arrivait à embêter deux personnes à la seconde tellement il était rapide de passer de table en table. Il avait même fini par effrayer la plupart des enfants qui restaient collés à la jupe de leur maman et qui criaient en pleurant à chaque fois qu’il s’approchait d’eux. Je trouvais l’atmosphère un peu bizarre pour un mariage. La belle-mère lassée du phénomène clownesque le prit par les bras et le fit asseoir dans un coin pour lui demander de ne plus bouger. À ce moment-là, le DJ reprit de plus belle en passant de la très bonne musique cubaine. Parmi les meilleurs morceaux de salsa. Ce n’est qu’à ce moment que la fête commença. Heureusement pour ma collègue.

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