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Une réalité incertaine

Une réalité incertaine - Bonnie Macias

Une des choses qu’il est difficile à appréhender, sans ressentir un petit serrement dans la gorge, est certainement, lorsque l’on travaille, hormis le renvoi, le départ à la retraite d’un, ou d’une collègue. On a toujours dans l’espoir que la nouvelle vie qui se trace devant ceux qui partent, soit apaisée de tous tourments, et qu’avant l’heure du départ fatidique qui nous est à tous réservé, il n’y ait que joie de vivre et tranquillité. Il faut de nos jours pour arriver à cela hélas, avoir fait le nécessaire pendant des années et s’être prémuni d’une planification financière personnelle assez solide pour pallier à tous les besoins.

Je me rappelais avoir discuté avec une secrétaire qui voulait absolument prendre sa retraite à 60 ans. Après quelques calculs qui lui avaient été faits par un conseiller, il lui avait été recommandé de travailler jusqu’à 65 ans pour espérer une retraite variable à peu près au niveau de 70 % de son salaire actuel. Autrement, elle ne pouvait espérer qu’à peine 35 % de son salaire et aurait été obligé d’attendre d’avoir 65 ans pour espérer voir son salaire grimper pour gagner une somme raisonnable pour vivre. Il lui avait même été recommandé de travailler jusqu’à 70 ans pour garder la totalité de son salaire. Pourtant, me disait-elle, elle avait cotisé toute sa vie et ne comprenait pas que les choses se compliquent au moment où elle estimait être en droit de quitter son travail.

J’allais moi-même dans la semaine rencontrer un conseiller, pour en savoir plus sur mon sors, et ce qu’il fallait que je prenne comme précautions pour essayer d’éviter à l’avenir quelques mauvaises surprises, causées par une mauvaise gestion et une mauvaise planification financière. Je ressortais de chez lui la tête dans le brouillard, comme si on avait posé dessus un gros sac de sable. Je n’avais pas compris la moitié de ce qu’il m’avait dit. Tout ce que je savais, c’est qu’il fallait que j’y retourne pour réentendre une deuxième fois toutes ces explications nécessaires, afin de comprendre pourquoi ceux de ma génération allaient sûrement être obligés de travailler jusqu’à 70 ans, pour espérer une retraite viable pour finir leurs jours. Je n’avais commencé à travailler que depuis peu et j’avais déjà dans la bouche le goût amer de la réalité. Il me fallait me pousser chaque jour de travail, à réfléchir sur toutes les éventualités d’un programme d’une fin qui me paraissait, de plus en plus, incertaine.

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