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Une rencontre indésirable

Une rencontre indésirable - Bonnie Macias

L’automne commençait à montrer ses belles couleurs. Les arbres étaient couverts de taches jaunes, rouges ou orange. Avec mon chien, j’aimais me promener dans la forêt. C’était ce petit moment dans la nature qui, parfois, me motivait toute la semaine. Aujourd’hui, j’avais pris mon appareil photo numérique et je m’apprêtais à immortaliser ces belles teintes naturelles. Un vent se mit à souffler. J’étais trop concentré sur ma composition photographique pour regarder le ciel. Cet oubli fut fatal, car je l’aurais vu se charger de nuages noirs de mauvais augure. J’avais pris une cape de pluie, par habitude, dans mon sac à dos. Heureusement, car, quand les premières gouttes de pluie s’écrasèrent autour de moi, je sortis la cape rapidement et je l’enfilais. J’avais une pochette étanche pour mon appareil photo. Je m’y pris à plusieurs fois avant de la retrouver au fond du sac à dos. Ensuite, sous ma cape, je mis l’appareil à l’abri. J’avais détaché mon chien pendant que je réalisais cette opération délicate.

J’entendis des aboiements que je connaissais bien, résonner près de moi. Mon chien grognait. Je me sortis de sous ma cape et j’essayais d’essuyer mes lunettes, sur lesquelles la pluie dégoulinait. Ma forte myopie ne me permet pas de voir de loin, aussi, je ne distinguais pas l’animal qui frappait la terre de ses pattes. Dans ma panique, j’écartais les bras et je me mis à crier. L’animal sauvage s’arrêta net. Une masse brune se dressait à quelques pas de moi. J’avais le souvenir d’un article que j’avais lu dans le cabinet où j’ai reçu une injection acide hyaluronique. Le journaliste décrivait les gestes à faire ou à ne pas faire lors d’une rencontre avec un animal énervé. Mais je ne parvenais pas à retrouver dans ma mémoire les conseils prodigués par l’auteur.

L’aboiement de mon chien résonna à nouveau. Différent de d’habitude, il semblait bien plus agressif. Il se mit à grogner, comme je ne l’avais jamais entendu. Une fois, je l’avais vu se hérisser suite au grognement sourd d’un petit canidé. L’animal en question partit, la queue entre les jambes. Ce grondement me paraissait plus féroce. L’autre bête sembla partir. Cette scène, je ne l’avais vue qu’à travers mes lunettes mal essuyées. Il m’était impossible de savoir quel animal nous avait attaqués. Peut-être que c’est mieux comme cela. Maintenant, je reconnais que mes promenades sont plus attentives et que je regarde la météo prévue avant de partir.

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